Aux racines du malaise, le double standard

DoubleStandard

Anders Behring Breivik est un terroriste norvégien d’extrême droite, raciste, violemment islamophobe, qui a perpétré et revendiqué la tuerie du 22 juillet 2011 en Norvège, dont le bilan total fut de 77 morts et 151 blessés.

Le 22 août 2012, Pierre-Guillaume de Roux Editions publie un recueil littéraire, Langue fantôme. Il comprend deux textes de Richard Millet. L’un d’entre eux s’intitule « Éloge littéraire d’Anders Breivik ». Cela dans la même semaine où la justice norvégienne rend son verdict dans le procès de l’homme qui est l’auteur assumé du massacre d’Oslo et de l’île d’Utoya.

Le 31 août 2012, tout en se déclarant choqué par  le texte de Millet, Antoine Gallimard réitère sa confiance en Richard Millet

Le 10 septembre 2012, l’écrivaine Anne Ernaux – soutenue par un collectif d’écrivains –  relaie dans le journal Le Monde l’indignation par un article intitulé : « Le pamphlet fasciste de Richard Millet déshonore la littérature ». Il s’en suivra d’autres contributions indignées, mais également des billets de soutien pour l’écrivain, dans le même journal.

Le 13 septembre 2012, Millet démissionne du comité de lecture de la maison d’édition Gallimard, en y conservant cependant son emploi d’éditeur.

Le dimanche 11 janvier 2015, l’humoriste Dieudonné M’bala M’bala, au retour de la manifestation en solidarité avec les 17 victimes des attaques terroristes perpétrées par les délinquants devenus djihadistes meurtriers, Chérif Kouachi, Saïd Kouachi et Amedy Coulibaly, ironise sur celle-ci dans un réseau social, et, déclare « Je se sens Charlie Coulibaly », en associant ainsi victimes et bourreaux dans un amalgame choquant.

Dieudonné Charlie Coulibaly

Le parquet de Paris, annonce le lundi 12 janvier 2015, qu’il va ouvrir une enquête pour « apologie du terrorisme » contre Dieudonné M’bala M’bala. A ce jour, Richard Millet n’a fait l’objet, à ma connaissance, d’aucunes poursuites judiciaires en France pour ses écrits.

Que faut-il comprendre ?

Alors oui, bien-sûr, je condamne les écrits de Millet ou ceux de M’bala M’bala rapportés dans ce billet. Mais reste ce petit goût amer*, ce malaise qui insensiblement fragmente la société française. Plus que jamais, en ces temps bousculés, se rappeler que pour se permettre d’être dur, il faut savoir être juste.

*: Lié naturellement au double standard hallucinant de cette situation, malheureusement représentative, mais pas au sort de Dieudonné dont je me contrefous, en l’espèce. (MAJ 15:47)

Update: Je ne suis apparemment pas le seul à relever et déplorer cette situation: #Glenn Greenwald @The Intercept aussi (MAJ 15/01/2015)

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