La France Ouigo

ouigo

Sur le papier, c’est bien. C’est juste un autre truc low-cost, une possibilité de prendre un TGV moins cher, avec un modèle calqué sur ces compagnies aériennes qui font un Paris-Milan à moins de 100 euros, aller-retour. On se doute qu’il va falloir aller jusqu’à une gare périphérique – le Val de Marne – et, que pour les bagages, ça va être juste. Sauf supplément. Normal.

Arrivé à la gare, l’univers de Mickey – cette station est aussi celle du parc Disney – est perceptible, à l’extérieur. C’est un endroit dont l’architecture utilitaire est d’une modernité classique : grands halls, escalators, quelques commerces, fléchages pour les gentils voyageurs à la recherche de leur train. Tout va bien. Mais, approchant l’embarquement, on est gagné par une étrange sensation : une queue morne, et, surtout, l’omniprésence des vigiles. Parce qu’on vous l’a dit, les bagages c’est tant par tant, et, que les pétages de plombs en direct – 20 euros de supplément pour un bagage non conforme – la SNCF sait gérer, mon ami. L’accueil au, euh, check-point, est donc poli mais méfiant. On jauge le client à l’œil. Sécurité oblige, sans doute.

Dans cette queue pour un Paris-Montpellier, il y a la France low-cost, celle qui trimbale ses mômes, évidemment trop bruyants, la grand-mère qui psychote pour sa place dans le train, la jeunesse collée sur ses écrans, et, ici ou là, ceux qui, discrètement, essayent de faire savoir par leur mise et quelques signes, qu’ils n’appartiennent pas au troupeau. Des cerbères bienveillants scrutent la masse qui s’ébranle, ticket à la main. Ouf, la tension se relâche, je suis passé. Mes bagages sont conformes. Et les batteries de mon ordinateur portable, chargées. Parce qu’à l’heure des smartphones, tablettes et autres jouets dont on nous gave, tu dois comprendre, voyageur, que l’électricité ça coûte cher. En conséquence, la SNCF va te facturer cette prestation à part, plutôt que de l’incorporer au prix du billet : 2 euros pour accéder à une prise de courant. Un marketing impliquant, durable et participatif, pourrait dire, fier de lui, un chef de produit. C’est la conscientisation écologique des masses mon ami. Encore merci.

La foule s’installe à bord du TGV. Ah ? pour mettre son bagage dans les racks accessibles à l’entrée de la voiture, il aurait fallu payer une option ? Mais ici, la SNCF, entreprise citoyenne et confiante en ses clients, leur laisse le soin d’intérioriser cette règle et de se débrouiller entre eux. Le train part à l’heure, le voyage commence bien. Les équipiers MacDonaldisés de Ouigo nous informent qu’ils vont bientôt passer nous voir, pour s’assurer que tout se passe bien. Ils sont jeunes et plutôt sympas. Mais, pour un café, il faudra attendre la prochaine gare et descendre en vitesse essayer d’en soutirer un à la machine à pièces, sur le quai. On te l’avait dit : low-cost. Tu n’avais qu’à prévoir ton thermos et ton sandwich. Nous arrivons à Montpellier, à l’heure. De quoi tu te plains mon ami ? Il fait beau, je vais prendre un verre sur une terrasse de la France Premium.

Ainsi roule la France Ouigo, chacun y est à sa place. C’est propre.

Publicités
Cet article a été publié dans Uncategorized. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s